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Plus belle la Suisse

Veröffentlicht von Patrimoine pour tous vor 3 Monaten Veröffentlicht in Français

Par Oliver Martin

Qui traverse aujourd’hui la Suisse, nos paysages, villes et villages, ne peut ignorer une tendance inquiétante : la qualité de ces espaces est mise à l’épreuve. Tandis que les centres des villes et villages historiques et d’autres sites du patrimoine culturel sont en grande partie encore protégés – autrement dit là où les biens culturels ont pu éviter le pire – et alors que des exemples remarquables d’architecture contemporaine et d’ouvrages de génie civil voient le jour, nous assistons à une banalisation du bâti.

La Suisse du quotidien est de plus en plus marquée par un étalement urbain sans ambition. De nombreux sites de notre patrimoine historique et culturel sont noyés dans des espaces marqués par des infrastructures, des successions de centres commerciaux, des zones industrielles et des périphéries certes planifiées mais insuffisamment aménagées, ou alors situées dans des aires résidentielles sans grande prétention formelle. La population se rend compte de ce malaise ; toutes les dernières votations en sont la preuve. Il y a dès lors l’urgence d’une action commune afin d’améliorer notre environnement bâti !

   

Photos: Nicolas Savary 2004

Dans ce débat, la culture a été reléguée à l’arrière-plan. Et cette situation a des conséquences sociales négatives, car l’environnement bâti influence profondément le bien-être et la qualité de vie des habitants : il joue un rôle décisif dans les interactions et la cohésion sociales, la créativité et l’identification au lieu. C’est pourquoi bâtir fait partie de la culture, bâtir ouvre un espace pour la culture. C’est pourquoi aussi, et tout particulièrement en cette période de changements planétaires rapides, le développement et l’évaluation de l’environnement bâti doivent être au centre des préoccupations. Il est grand temps d’exiger une politique de la culture du bâti de qualité.

Qu’entend-on par culture du bâti? Tout ce que nous construisons et tous nos processus de planification expriment notre culture du bâti. Même le grand centre commercial au milieu d’un paysage préservé : Comment est-il arrivé là ? L’organisation du tissu bâti, les rapports qu’un objet entretient avec son environnement bâti et naturel, la cohérence spatiale, les questions d’échelle et de matérialité, tous ces facteurs ont des répercussions directes sur la qualité de notre espace de vie. Une culture du bâti de qualité s’exprime donc à travers une conception réfléchie et concertée de toutes les activités de construction et d’aménagement du paysage.

Certes, la loi fédérale sur l’aménagement du territoire révisée stipule un développement de qualité pour tout le pays. Mais la qualité est exigeante et fatigante. Elle nécessite des compétences et de l’expertise, du travail et du temps. Elle est le résultat de réflexions, de débats, de participations publiques. Elle veut le bien commun. Elle est l’ennemi du profit individuel rapide, qui obéit uniquement aux ordres économiques et techniques. Les enjeux politiques, souvent locaux, font le reste.

   

Photos: Mathieu Gafsou 2012

Une des préoccupations actuelles est la densification des villes et des villages. Bien naïf celui qui croit qu’elle représente une opération facile. Et bien sournois celui qui y voit une opportunité idéale de faire croître les rendements immobiliers par davantage de développement dans les zones centrales. Enfin, bien crédule celui qui prône la réduction des règles normatives de protection, pour gagner plus de marge de manœuvre en visant une meilleure qualité de nos espaces. Car, lorsque l’espace devient moindre, la complexité augmente forcément. Trouver la bonne solution devient plus exigeant, et nécessite davantage, et non moins d’expertise. Évidemment, construire a un coût et doit aussi être rentable ; l’énergie doit être rigoureusement économisée ; la mobilité représente un aspect important, et les choix et les libertés individuels sont à protéger ; et enfin la protection de l’environnement, des eaux, les mesures contre le bruit sont aussi à prendre en compte. Ne cherchons pas à réduire cette  complexité au détriment de la qualité de l’espace et de notre qualité de vie, mais travaillons davantage, ensemble, pour faire mieux.

Une telle manière de planifier et de construire se nomme une culture du bâti de qualité. Elle favorise des quartiers diversifiés et dynamiques pour le bien-être des habitants, protège le patrimoine, crée et transforme avec réflexion, préserve l’environnement et est créatrice de valeur économique. Avec la Déclaration de Davos 2018, les Ministres européens de la culture se sont engagés au niveau international. En Suisse, le débat est lancé. Participez !

Source: bak.admin.ch

Dieser Beitrag wurde bearbeitet am Mär 2, 2018 von Patrimoine pour tous

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